Oubliez les clichés sur le bonheur national brut ou les palmarès touristiques : le dernier classement des meilleurs pays où vivre, publié mardi par U.S. News & World Report, s’appuie sur les réponses de 17 000 personnes dans 78 pays, selon 76 critères distincts. L’Europe de l’Ouest y règne toujours en force, mais l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon s’imposent aussi dans le haut du panier. Pourtant, c’est un État hors du Vieux Continent qui décroche la première place cette année.
Pour comprendre ce classement, il faut plonger dans la méthode. On ne se contente pas de juger la beauté des paysages ou la richesse du patrimoine. Ce sont la qualité de vie au quotidien et ce que le rapport nomme « objectifs sociaux » qui font la différence. En clair, la stabilité, la sécurité, l’ouverture, mais aussi la capacité d’un pays à permettre à ses habitants de s’épanouir. Cette année, les sondeurs ont élargi leur champ de vision : des voix venues du Cambodge, d’El Salvador ou d’Ouzbékistan se sont ajoutées au panel, apportant une perspective plus diverse.
La pandémie a bousculé les habitudes, y compris celles des chercheurs. Face à l’imprévu, il a fallu intégrer un nouvel indicateur : l’« Agilité ». Ce paramètre évalue la rapidité d’adaptation et la réactivité, que ce soit du côté des gouvernements, des entreprises ou des citoyens, lors de crises inattendues.
Canada :
Après plusieurs années passées sur la deuxième et la troisième marche du podium, le Canada s’installe pour la première fois en tête de ce palmarès international. Ce bond en avant s’explique par des notes impressionnantes en matière de qualité de vie et sur les fameux « objectifs sociaux ». Le Canada bénéficie aussi d’une image de nation ouverte, équitable et impartiale. Une réputation qui séduit bien au-delà de ses frontières.
Un contraste saisissant apparaît du côté des États-Unis : 66 % des Américains interrogés considèrent leur pays comme un exemple démocratique, chiffre qui tombe à 52,5 % dans le reste du monde. Les événements du 6 janvier au Capitole ont laissé des traces dans l’opinion internationale, tout comme la lutte permanente contre le racisme et d’autres injustices structurelles. L’image du rêve américain en sort écornée.
Le rapport met aussi en lumière les pays qui ferment la marche. Leur point commun ? Une corruption galopante et une vie politique particulièrement instable, selon les personnes interrogées. Fait notable : certains États plongés dans le chaos depuis des années, comme la Syrie ou le Yémen, n’apparaissent même pas dans ce triste décompte. Voici les dix pays qui écopent des pires appréciations :
- Irak
- El Salvador
- Serbie
- Biélorussie
- Liban
- Ouzbékistan
- Kazakhstan
- Ukraine
- Oman
- Guatemala
Où la Chine est-elle répertoriée ?
La Chine, géant asiatique, recule de deux rangs et se place désormais au 17e rang du classement. Les critiques fusent concernant son manque d’ouverture lors des premiers mois de la pandémie et les nombreux manquements aux droits humains. Pourtant, la Chine conforte sa position comme deuxième puissance mondiale derrière les États-Unis, détrônant la Russie. Autre fait marquant : la Chine domine désormais la scène des exportations.
Le rapport souligne également la performance remarquable du Japon, seul pays asiatique à intégrer le top 10. Le Japon rafle la palme pour les entrepreneurs, sa culture rayonne, et sa capacité d’innovation comme son agilité sont saluées. À l’autre bout du classement, la Suisse décroche la meilleure moyenne globale parmi les dix premiers sur l’ensemble des critères retenus, et reste la valeur sûre pour faire des affaires à l’international.
Palmarès après palmarès, le Canada s’impose comme l’eldorado rêvé, mais la compétition reste vive. Demain, qui bousculera l’ordre établi ?
